Et s’il était temps pour un petit changement ?
Évidences • Hors-série #03
Bonjour à toutes et à tous,
Tout d’abord, même si cela arrive un peu tard et que 2026 est déjà bien entamée, je vous souhaite une excellente année et j’espère que vous en avez bien profité jusqu’ici.
Cela fait plus de trois mois que vous n’avez pas reçu de newsletter de ma part. Trois mois, c’est long. Assez long pour que vous vous soyez peut-être demandé si cette aventure éditoriale était tout simplement terminée.
Rassurez-vous : elle ne l’est pas. Mais cette pause méritait une explication honnête. Pas une série d’excuses, mais plutôt un retour aussi lucide que possible sur ce qui s’est passé, ce que ça m’a appris, et ce que ça va changer.
C’est l’objet de cette édition un peu particulière. Pas d’article vulgarisé cette semaine, pas de résultats de recherche à décortiquer. Juste un moment pour faire le point ensemble : sur 2025, sur vous, sur moi… et sur la suite !
Pour celles et ceux parmi vous qui n’auraient pas le temps de lire l’entièreté de cette édition : long story short, je reviens avec des éditions hebdomadaires plus courtes et plus concrètes à partir d’avril. Pour les autres, ou si ça vous a donné envie d’en savoir plus, je vous laisse découvrir la suite 😁
Bonne lecture !
Retour sur la fin 2025 : un nouveau départ plus exigeant que prévu
Vous vous en souvenez peut-être : début octobre 2025, j’ai quitté mon poste de conseiller pédagogique au Louvain Learning Lab pour rejoindre un autre service de l’UCLouvain, au sein de l’École de Santé Publique.
Ce que j’avais sous-estimé ? La charge réelle que représente un tel changement de contexte : nouveaux collègues, nouvelle culture de service, nouveau projet à comprendre de l’intérieur… j’ai littéralement eu la sensation de prendre en marche un TGV lancé à pleine vitesse.
S’ajoute à cela le fait que j’ai souhaité revoir à la hausse mon implication dans l’association dans laquelle je m’investis comme animateur d’école des devoirs. Face à la conjoncture géopolitique actuelle, j’ai ressenti le besoin de renforcer mon engagement sociétal et de contribuer de manière très concrète à faire évoluer les choses sur le terrain. Ce projet me tient profondément à cœur, et il m’a semblé essentiel d’y consacrer davantage de temps et d’énergie.
Comme vous vous en doutez, tout cela mobilise des ressources mentales considérables, bien au-delà du simple temps de travail. J’avais naïvement pensé que je pourrais maintenir le rythme de publication habituel en parallèle. J’ai essayé pendant quelques semaines. J’ai tenu. Puis, arrivé en fin d’année, j’ai dû me rendre à l’évidence : je n’avais tout simplement plus la disponibilité nécessaire pour faire avancer la machine.
Je n’ai pas vécu de burn-out au sens clinique du terme, mais j’étais dans un état de fatigue suffisamment prononcé pour reconnaître qu’il fallait mettre entre parenthèses ce qui pouvait l’être, et me recentrer sur ce qui ne pouvait pas attendre.
Cette newsletter a donc attendu.
Le temps du bilan : principaux résultats du sondage de décembre 2025
Cette période de recul m’a donné envie de ne pas simplement reprendre là où je m’étais arrêté. Avant de repartir, j’ai souhaité mieux comprendre à qui j’écrivais, et pourquoi.
D’autant plus que la newsletter, dans son format actuel, n’avait que très peu évolué depuis son lancement il y a quelques années, et quelques questions me travaillaient depuis plusieurs mois : le format était-il toujours adapté ? Les différentes sections répondaient-elles vraiment aux attentes des lecteurs et des lectrices ? Et d’ailleurs, qui lit cette newsletter ? 🤔
J’ai donc lancé un sondage en décembre 2025 auprès de l’ensemble des abonnées et des abonnés. Le taux de réponse, sans être spectaculaire, permet de dessiner quelques tendances claires :
Une audience plus hétérogène que prévu. C’est ce qui m’a le plus surpris. En effet, j’imaginais un lectorat majoritairement composé de conseillers·ères et d’ingénieur·es pédagogiques. En réalité, parmi vous, on trouve aussi des psychologues, des coachs, des responsables formation, des professionnel·les du Learning & Development, des freelances, etc. Loin d’un profil uniforme, donc. Et cette diversité se reflète aussi dans les structures où vous semblez évoluer : établissements d’enseignement supérieur universitaire et non universitaire, organismes de formation professionnelle et continue, organisations du secteur marchand et non marchand, etc.
Un souhait de rester à la page au niveau scientifique. Malgré cette diversité, un point commun semble vous rassembler autour de ce que je partage : rester au courant de ce que dit la recherche en sciences du comportement et des apprentissages. Pas pour tout appliquer à la lettre, mais pour nourrir une culture professionnelle ancrée dans des données probantes (”evidence-based practice”) plutôt que dans des effets de mode.
Un engagement important, mais un taux d’ouverture en baisse. Environ trois quarts des répondantes et des répondants déclarent lire chaque édition en entier, souvent en différé, faute de temps au moment de la parution. Cet engagement contraste avec une légère baisse du taux d’ouverture moyen, passé d’environ 40–45 % il y a un an à 35–40 % aujourd’hui. En soi, ce n’est pas alarmant, mon objectif n’ayant jamais été de maximiser les chiffres. C’est un signal qui m’invite toutefois à continuer de questionner la pertinence de ce que je propose.
Au-delà des résultats du sondage, j’ai eu l’occasion d’échanger de vive voix avec quelques abonnées et abonnés qui avaient accepté de prolonger la réflexion. Ces conversations ont mis en évidence un élément dont je n’avais pas pris conscience directement.
En effet, une remarque revenait régulièrement : les résultats de recherche partagés dans la newsletter sont intéressants, mais qu’est-ce qu’on en fait ? Et quels liens plus directs et concrets peut-on établir à partir de ces résultats dans le cadre de nos pratiques professionnelles ? Édition après édition, on accumule des résultats, des nuances, des mises en garde. Mais rarement l’occasion de s’arrêter pour se demander ce que tout ça, mis bout à bout, nous dit vraiment sur nos pratiques.
Cette remarque m’a touché. Elle pointait quelque chose que je ressentais moi-même sans l’avoir encore bien formulé. La logique de la veille pousse à toujours courir après le prochain résultat, la prochaine étude. C’est stimulant, certes, mais aussi une façon de ne jamais vraiment capitaliser sur les acquis.
À cela s’ajoute une question que je me pose de plus en plus sérieusement, au regard de l’évolution des outils d’intelligence artificielle générative : quelle est la valeur ajoutée réelle d’une newsletter de vulgarisation scientifique, quand n’importe qui peut demander à un LLM de résumer une étude ? Je n’ai pas de réponse définitive. Mais cette question mérite d’être posée honnêtement.
Ce qui me semble clair : la valeur ne peut plus résider uniquement dans la vulgarisation elle-même. Elle doit résider dans le choix, le recul, l’ancrage pratique, et peut-être surtout dans la capacité à construire une vision d’ensemble cohérente, plutôt que d’accumuler des résultats isolés.
Quelle évolution pour les prochaines éditions ?
Venons-en aux changements concrets.
Dans le sondage, la totalité des répondantes et des répondants ont indiqué ne pas souhaiter une augmentation de la fréquence de publication. Je vais pourtant prendre le risque d’aller à l’encontre de cette préférence, du moins à titre expérimental.
Avant de vous précipiter en masse vers le lien de désabonnement, permettez-moi de vous expliquer mon raisonnement : je ne suis pas convaincu que des éditions longues et exhaustives publiées toutes les deux semaines correspondent encore à la réalité de la façon dont on interagit avec ce type de contenu aujourd’hui. Les entretiens l’ont confirmé : les personnes lisent, mais souvent en différé, et la longueur peut constituer un frein.
À partir du mois d’avril, la newsletter passera donc à un rythme hebdomadaire, mais avec des éditions plus courtes et condensées.
Voici la structure mensuelle que j’envisage :
Semaines 1, 2 et 3 : un résultat de recherche vulgarisé, présenté de manière concise, avec un accent délibéré sur les conseils d’application dans nos pratiques professionnelles. L’équivalent, donc, de la section « L’actualité scientifique » actuelle, mais plus courte et plus concrète.
Semaine 4 : une édition spécifique « Ressources & Outils » proposant des éléments issus de ma veille (références intéressantes, articles scientifiques que je n’aurai pas eu l’occasion d’aborder, etc.).
N.B. La section « Juste pour le plaisir » gardera sa place en semaine 4, vu l’engouement qu’elle semble susciter chez bon nombre d’entre vous 😉
L’idée centrale : mieux raccrocher chaque résultat de recherche à ce qu’on peut en faire sur le terrain, et réserver un espace dédié à la veille générale plutôt que de la mêler systématiquement aux articles de fond.
Cela va-t-il plaire à tout le monde ? Probablement pas. Vais-je réussir à tenir un rythme durable et à produire des contenus dont je suis fier ? J’espère que oui. C’est en tout cas le pari que je fais !
Ce nouveau format est un test qui durera jusqu’à la fin de cette année scolaire. Je ferai ensuite un bilan honnête, comme aujourd’hui.
Ce qui ne changera pas : la rigueur scientifique, les sources primaires, le refus des raccourcis et des effets de mode. C’est ce qui a construit la confiance de celles et ceux qui me lisent depuis le début, et je n’ai aucune intention d’y renoncer.
Si ce hors-série vous a donné envie de rester pour la suite, c’est une excellente nouvelle. Et si vous avez des réactions, des remarques, ou simplement l’envie d’échanger, je reste ouvert 😊
À très bientôt pour la première édition du nouveau format,
David.


